LES CRIES TUENT de Alix F. Pittaluga (à 18h)
Un temps qui a le goût étrange de rêve éveillé. Allées et venues incessantes entre l'imaginaire et une réalité qui n'est sûrement pas plus rationnelle. Un auteur écrit, s'écorche, cherche à donner des noms à ses douleurs, joue avec la forme des mots, les tord et les distord afin que la douleur devienne ce mot, afin que la douleur devienne aussi palpable que le mot. Il cherche la Femme, celle qui portera toutes les autres femmes en elle, comme il porte les autres hommes en lui. Car en lui l'univers entier se fragmente, il le sent.
Alors il se perd, se met en pièces, cherche à peindre avec des mots une atmosphère, l'endroit de tous les hommes et toutes les femmes qui l'habitent.
L'espace est celui de l'imaginaire de cet auteur. Il crée d'abord deux personnages féminins, une fille et une femme, qui prennent corps et s'animent sous nos yeux...Il les manipule, les façonne, jusqu'à ce qu'elles prennent le pouvoir sur lui, qu'elles s'émancipent, qu'elles existent d'elles mêmes.

La femme et la fille lui échappent : échec. Progressivement, une troisième figure féminine (la danseuse) apparaît en filigrane, elle incarne le mouvement perpétuel, le renouveau : de l'enfant à la fille, de la fille à la femme, de la femme à la mère, de la mère à la vieille...elle dessine le cycle, construction et déconstruction : elle porte toutes les femmes de l'amont et de l'aval. L'auteur parvient enfin à laisser la juste place à son imaginaire, il a trouvé la Femme, il pourra enfin commencer à écrire...
La véritable histoire pourrait commencer à la fin de la pièce. Les cris tuent, raconte le chemin de cet auteur qui cherche à parler des femmes, des aventures dans lesquelles son imaginaire l'entraîne.